lundi 16 octobre 2017

Salon du Rhum 2017 - Master-Class Samaroli

 
logo Salon du Rhum
 
Pour ceux qui ont un peu suivi ce que j'ai raconté dans le dernier article, vous savez déjà que j'ai assuré la présentation de la Master-Class Samaroli.

Certains l'ont vécu en live, d'autres en direct via fesse-bouc (oui, ça a été filmé, voilà, voilà ... mais ça a disparu de la toile ^^) et d'autres n'étaient tout simplement pas là.
Histoire de contenter tout le monde (et de rentabiliser un peu ce que j'avais préparé), je vais - avec un grand souci de paresse intense - faire un magnifique copier-coller du texte que j'ai pondu pour l'occasion.
Bon, au début, ça risque de faire un peu redite avec l'article précédent mais il fallait bien poser le décor non ?

Ok, certaines retouches y seront apportées ça et là et la mise en page sera un rien adaptée (et je mettrai des photos aussi) mais dans l'ensemble, c'est comme ça que ça s'est passé (et visiblement, ça ne s'est pas trop mal passé :-) ) et ceux qui étaient présents pourront constater que je n'ai pas trop mal appris mon texte (même si j'ai lâchement lu mes notes de dégustation parce que bien trop fraîches dans mon esprit).
 
Logo Samaroli
 
---   ---   ---
(histoire que vous sachiez que mon copier-coller commence ici ^^)

Par où commencer ?
Peut-être par le plus simple en fait :
« Pourquoi, moi, petit amateur, suis-je ici, devant vous qui – au vu de l'assemblée – en connaissez autant que moi voire plus ? »
Grande question en effet ...
 
On va mettre ça sur le compte de l'organisation italienne (maintenant qu'on en est là, autant balancer ^^) qui a simplement « oublié » qu'il fallait assurer une master-class ce week-end.
C'est ballot hein ?
Bref, il y un peu moins de 15 jours, je reçois un mail de Ludo Martin du Chemin des Vignes (soit dit en passant, allez y faire un tour à l'occasion) avec un intitulé un rien mystérieux (« contact urgent – rhum samaroli ») me demandant de le recontacter au plus vite.
Ca surprend, il faut bien le reconnaître.
On va passer sur le pourquoi du comment je connais Ludo, là n'est pas le but de tout ça (et ça risque de moyennement vous intéresser) pour s'arrêter sur la partie importante de notre communication téléphonique où il m'annonce tout de go que ces braves gens de chez Samaroli ont :
1. oublié qu'ils s'étaient engagés à présenter une master-class au Salon du Rhum ;
2. un problème organisationnel car ils n'ont personne pour présenter ça (en français) et, surtout ;
3. oublié d'envoyer les bouteilles pour ladite dégustation (ok, il y a une logique sous jacente derrière tout ça mais bon).
That smells shit ...
 
Tenant compte de ce qui précède, il me dit qu'il a pensé à moi pour assurer la présentation (il doit y avoir une raison « bloguesque » derrière tout ça ^^).
Voilà voilà.
 
Quelques considérations pratiques :
- jusqu'il y a deux semaines, Samaroli pour moi c'était « juste » un embouteilleur indépendant sortant de beaux (ok, souvent très beaux) produits ;
- comment je vous parle des produits devant vous si je les découvre en même temps que vous ;
- mes notes de dégustation et mon ressenti vis-à-vis des produits sont fatalement quelque chose de personnel qui peut bien évidemment différer de vos impressions. C'est normal, c'est humain. Soyez donc indulgents parce que je suis loin d'avoir le niveau d'un Dave Broom par exemple (super méga hyper loin en fait). Et puis ça nous permettra d'échanger sur les produits. :-)
- niveau aération, ayant dû faire un mini-marathon de dégustation jeudi soir, ce n’était pas nécessairement ça (en plus mon nez commençait à me lâcher vers la fin). Je réitère donc ma demande : soyez indulgents ;-)
 
...
 
Le soir même, il a fallu choisir les produits à présenter parmi les nouveaux embouteillages 2017 histoire de les demander en urgence en Italie pour que ça arrive au plus tôt. Certes, il y a pire comme occupation de soirée.
Et après mûre réflexion (ça a été relativement vite quand même), notre choix s'est porté sur les produits qui se trouvent devant vous.
 
line-up - boitesline-up sans boites
La boite du Panama a souffert durant le voyage Italie-Belgique ...
 
La sélection, dans le désordre, est donc composée des produits suivants :
- Panama : parce qu'à la base on avait choisi l'Over the World (un truc vieux – 29 ans - et, surtout, mystérieux) mais qu'Antonio Bleve himself a demandé à ce qu'on le remplace par celui-ci car trop similaire avec d'autres produits présentés (conclusion : il doit y avoir une bonne dose de Demerara dedans ^^) ;
-  Carribean Soul : un blend jamaïco-cubain. On s'est dit que ça pouvait être intéressant tout en étant une jolie porte d'entrée pas trop trash à l'univers jamaïcain. On verra si le choix était pertinent ou non ;
- Demerara 1998 : un Uitvlugt titrant à 49,5°(au lieu des 45°habituels de chez Samaroli), intéressant encore ;
- Demerara Dark Rum : parce que Diamond. Voilà ;
- Demerara 1990 : 27 ans de vieillissement. Ok continental mais 27 ans quand même. Ca joue un peu dans le choix du produit ;
- Fiji : parce que le 2016 était vachement bien en fait. Particulier mais très bien.
 
line-up verresline-up MC
Ca donne quand même envie non ?
 
Pour ceux qui n'ont pas encore commencé et le temps nous étant compté, je vous invite à débuter par le premier rhum qui se trouve devant vous, c'est-à-dire :
 

Panama :

Single cask (provenant précisément du fût numéro 70) distillé en 2004 et embouteillé en 2017 titrant à 45°, distillerie non mentionnée (l'Hacienda San Isidro pour les curieux).
276 bouteilles ont été produites.
 
Samaroli 2017 - Panama
oui, c'est durant la dégustation du jeudi ^^
Couleur : or intense tirant vers l’orangé à reflets dorés.
Nez : un rien alcooleux (après, je venais juste d’ouvrir la bouteille aussi). On repart ensuite vers quelque chose de plus léger et légèrement fruité.
Les épices sont bien présentes (dans le style exotico-oriental) et des notes légèrement astringentes/tanniques font leur apparition.
Une touche plus ronde arrivera par la suite avec un léger aspect chocolaté.
Bouche : l’alcool m’a directement semblé mieux intégré (après, voyez ma remarque du dessus et prenez en compte que ça a quand même bien respiré 10 minutes donc …) et il ne brûle pas.
On reste sur un panel assez doux de type céréales (maïs, …) avant de repasser aux notes chocolatées perçues au nez. Un petit côté torréfié pointe également le bout de son nez.
Les quelques notes tanniques sont toujours là mais l’ensemble se fait plus doux au fil de la dégustation (arrivée de notes plus « caramélisées » ainsi que de légères touches fruitées, bien couvertes par le reste toutefois).
Dans l’ensemble c’est chaud et relativement agréable.
Rétro-olfaction : le côté épicé (poivre) se fait plus intense, tout comme ce côté fruité plus présent. J’ai eu l’impression d’y trouver une toute petite touche fumée.
Finale : relativement brèvre, elle reste sur les notes perçues en bouche.
 
Sinon, pour ceux que ça intéresse, nous n'avons pas retenu :
- Jamaica Rhapsody : l'année passée, il était sympa mais le blend Carribean Soul nous paraissait plus original ;
- Demerara Vertical : la finale du descriptif de chez Samaroli ne mettait pas vraiment en confiance quant à l'identité du rhum : « a Rum without a homeland, a Scottish Rum ». Pour avoir goûté récemment la version 2016 (et l'avoir comparé avec l'Uitvlugt de l'année dernière), je n'ai personnellement pas accroché donc on a exclu (attention, le produit est bien fait j'ai juste trouvé ça moins sympa pour une master-class ; après dégustation, il est apparu que cette nouvelle release n'avait rien à voir avec l'ancienne mais alors rien du tout. Comprendre : j'accroche beaucoup plus) ;
- Carribean Rum : le degré plus élevé qu'habituellement était intéressant mais les informations étant assez floues (distillerie(s), âge, ...) et ayant un faible pour les rhums du Demerara, on l'a exclu ;
- Trinidad : deux choses. Soit c'est Caroni, soit c'est Angostura. Si ça avait été Caroni, ça aurait été marqué dessus (et le prix s'en serait ressenti mais ça je ne pense pas qu'il soit nécessaire de le relever). Donc ça ne peut être qu'Angostura. Et moi Angostura ça me fait moyennement vibrer (du moins ce que j'ai goûté jusqu'à présent) ;
- Over the World : pour les raisons indiquées plus haut ;
- Jamaica – Hampden : bon là très clairement, si on avait pu, on l'aurait mis mais voilà. Vérifiez toujours au salon s'il n'est pas en dégustation ;-)
 
Bref, n'hésitez pas à bien vous rincer la bouche avant de passer au suivant :
 

Caribbean Soul :

La mention « small batch blended rums » ne trompe pas, il s'agit d'un blend provenant de plusieurs fûs différents dans lesquels entrent un rhum cubain distillé en 1998 ainsi qu'un jamaïcain plus jeune de 10 ans (2008 donc), l'ensemble ayant été embouteillé en 2017 au degré habituel de 45°.
420 bouteilles ont été produites.
Un rhum jamaïcain et un rhum cubain c'est bien beau mais c'est un peu flou non ?
De fait.
il s'agit en fait d'un blend provenant des distilleries de Sancti Spiritus (en même temps, pour l'instant, ce qui vient de Cuba vient généralement de là) et de Monymusk.
 
Samaroli 2017 - Carribean Soul
Et vous allez y avoir droit à chaque fois ...
Couleur : paille à reflets dorés.
Nez : tout de suite, le profil fait plus jamaïcain. C’est principalement végétal.
Toutefois une couche assez particulière recouvre l’ensemble : un peu jam’ mais pas que. C’est assez intense, un léger côté solvant se fait de temps en temps sentir mais ne domine pas (ce n’est pas un jamaïcain « puant » quoi).
Un côté « aromates » se développe ensuite (menthe en tête) et cette sensation végétale diminue. Les épices – au second plan – se font sentir (je n’ai toutefois pas réussi à être plus précis).
Un aspect plus doux se développe avec le temps.
Bouche : c’est à la fois plus doux et plus épicé tout en amenant une bonne dose de fraîcheur (notes mentholées). L’évolution se fait plus « animale » mais derrière ça on retrouve du fruit exotique (mangue ?).
Un côté mielleux (l’aspect doux perçu au nez) arrivera avec le temps.
Niveau « consistance », c’est assez huileux comme truc.
Rétro-olfaction : là, ça devient un peu plus percutant ; attention, on est toutefois très loin d’un gros Hampden violent. On part plutôt vers un jardin d’épices tout en fraicheur (menthe toujours) et en intensité (muscade, piment, …) avant de s’arrondir sur une note mielleuse.
Finale : moyenne, sur cet aspect mentholé qui prend une place considérable, suivi de notes épicées et légèrement fruitées.
Un fine note salée vient ponctuer le tout.
Un produit assez surprenant mais d’une belle intensité. Il s’apprivoise et nécessite vraisemblablement une plus longue aération.
 
Je parle, je parle mais on n'a toujours pas abordé le sujet essentiel de cette Master-Class : Samaroli !
Entrons donc plus ou moins dans le vif du sujet en rappelant certains fondamentaux, Samaroli étant, non seulement le nom d'un Silvano devenu célèbre dans le monde des spiritueux mais également le nom d'une société italienne exerçant la fonction de maison de négoce et d'embouteilleur indépendant créée en 1968.
 
Pour ceux qui ne le saurait pas le concept de la maison de négoce consiste – quelque soit le milieu (spiritueux ou autre) – en l'acquisition de produits auprès d'une entreprise X et de revendre lesdits produits sans les transformer dans le but de faire du bénéfice (quel est l'intérêt sinon ?).
Ca c'est moyennement intéressant.
 
Ce qui l'est plus par contre c'est la notion d'embouteilleur indépendant qui, pour faire simple, en arrive à proposer des spiritueux qu'il n'a pas lui-même produit.
Cékomenkilfè ?

Deux solutions encore :
- la moins intéressante : un négociant X achète des spiritueux, allez, on va dire du rhum, à la distillerie Y et décide de le vendre après mise en bouteilles sous l'étiquette "X - rhum de tartanpion" (tartanpion se rapportant généralement à la provenance géographique du rhum). L'intérêt de la chose ? Faire du bénéfice, voire permettre à certains produits d'entrer en stoemeling sur des territoires auxquels ils n'ont pas nécessairement accès ;
- la plus intéressante maintenant (et celle qui concerne Samaroli) : le négociant X achète du rhum à la distillerie Y mais ne le met pas directement en bouteille !
Avant ça, il fera vieillir l'alcool fraîchement acquis, soit dans ses entrepôts dans des fûts spécialement sélectionnés par lui, soit directement dans les chais de la distillerie (qui a dit Velier?). L'intérêt ? Faire du bénéfice, aussi, mais surtout proposer une version sublimée du produit original (quand l'embouteilleur est génial) ou, à tout le moins, différente et intéressante (quand il est un minimum compétent).

A la question « Est-ce que ça a vraiment une influence ? », je répondrai oui, sans aucune hésitation.
L'exemple m'ayant le plus marqué récemment est une simple comparaison du Highhland Park 12 ans (la base, que vous trouverez dans toutes les bonnes crèmeries, voire même en grandes surfaces et, oui, hérésie, j'ose parler whisky) que je trouve relativement plat (pas frapper) comparé à certains IB (pour independent bottling) du même âge voire bien plus jeune).

Après le monde des spiritueux n'étant jamais tout rose, vous trouverez ceux qui admirent les embouteileurs indépendants pour leur travail fabuleux et ceux qui crachent dessus car ils « dénaturent » le produit. Je dirais juste que si ce n'est pas votre came, il n'y a simplement pas besoin de l'acheter et de foutre la paix aux autres car, dans tous les cas, ça sera toujours des milliards de fois plus authentique que le Don Papa (Point Godwin des débats entre amateurs de rhum, check ^^).
Le seul « problème » pouvant arriver suite à l'existence de ces embouteillages indépendants est la possible déception à la découverte soit de la version originale qui sera moins bien, soit la déception de se rendre compte que cet IB – généralement plus cher que la version officielle – est moins bien que cet OB (official ou original bottling).
 
Je parle, je parle mais je vais me faire engueuler si vous ne passez pas au verre suivant (surtout qu'on a décidé de vous en proposer un de plus que prévu).

Donc, que peut-on dire sur celui-ci :
 

Fiji :

Encore un single cask (en même temps, c'est relativement fréquent donc... Fût 8 au fait) nous venant de la distillerie du Pacifique Sud (South Pacific quoi) distillé en 2001 et embouteillé en ... 2017 (vous suivez, c'est bien ^^) à 45°.
282 bouteilles ont été produites.

La South Pacific Distillery est une branche du groupe Foster, basé à Lautoka (2ème plus grande ville de l'archipel).
Les îles Fidji sont des îles volcaniques au climat idéal pour le développement de la canne à sucre qui est ensuite transformée en sucre et/ou en mélasse servant alors de base aux producteurs locaux (SPD produisant le rhum fidjien Seven Tiki) ou embouteilleurs indépendants.
C'est généralement assez surprenant les produits des Îles Fidji (parfois dans le bon, parfois dans le mauvais sens du terme ...) ; qu'en est-il de celui-ci ?
 
Samaroli 2017 - Fiji
Non seulement je trouve les étiquettes jolies ...
Couleur : ambre à reflets orangés.
Nez : à nouveau, c’est hyper particulier. On part vers des notes que je qualifierais de « caoutchouteuses » (comment ça « caroniennes/caroniesques » ?). La cire et le côté pharmaceutique ressenti sur la version 2016 sont toujours là pour nous perturber encore plus. Pour les néophytes, ça ne donne pas nécessairement envie hein ^^
C’en est à la fois intense et animal, les épices prennent leur temps pour arriver (muscade, gingembre ? et un peu de vanille, oui, de la douceur mais pas beaucoup non plus).
Bouche : c’est tout aussi particulier, le côté doux hyper surprenant de la version 2016 passe au second plan mais ça part toujours autant dans tous les sens (pour les inquiets, cet aspect plus rond fait son retour par la suite avec un peu de vanille, de miel et de fruits cuits).
Une note musquée, animale (oui, j’aimais bien le terme quand j’ai dégusté, que voulez-vous) se fait également sentir ; les épices si particulières perçues au nez sont toujours là.
Et c’est toujours aussi médical/pharmaceutique avec des notes végétales.
Comme dit plus haut, il s’arrondit au fur et à mesure (sur le fruit, le pruneau).
Quand je disais que ça partait dans tous les sens.
Rétro-olfaction : c’est intense, végétal (foin), épicé (mentholé) mais également assez doux (miel, chocolat). Une légère touche de fumée pointe le bout de son nez.
Finale : très longue (beaucoup plus que les deux autres). La note chocolatée perçue plus haut est toujours là mais ce qui choque le plus (ou pas enfin) c’est ce côté tourbé (c’est stupéfiant) ! Un côté marin/fumé persistant termine cette dégustation.
Un produit hyper particulier, plutôt destiné aux amateurs de whiskys.
Je le trouve vraiment top.
Il est également moins floral que le 2016 (personnellement, je trouve l’évolution très intéressante).
 
Et sinon, la différence entre OB et IB,on en parle ?
La réponse pourrait se résumer en un mot : « constance »
Gné ?

Reprenons l'exemple du whisky (encore) où la notion de single malt et de blended scotch whisky est généralement mal interprétée par les consommateurs.
Parce que là n'est pas vraiment le sujet, on ne va pas entrer dans l'ensemble des nuances des dénominations écossaises mais on va juste relever que, pour beaucoup :
- le single malt c'est un whisky écossais qui n'a pas été mélangé. Or Il s'agit en fait d'un whisky élaboré dans une seule distillerie, exclusivement à partir d'orge malté et distillé dans des alambics à repasse de type pot stills. C'est déjà un rien plus complexe ;
- le blend est un assemblage, tout simplement. Généralement composé d'un ou plusieurs single malt et single grain.

Le choc est violent pour tous ces gens qui se limitent à la distinction « whisky non mélangé / wishky assemblé » quand on leur explique que dans le fond si on s'en tient à leur définition, leur single malt ben en fait c'est un blend ...
Re-Gné ...

Sérieusement, comment pensez-vous qu'il soit possible pour une distillerie (n'importe laquelle, peu importe l'alcool produit) de conserver une constance gustative dans ses produits phares années après années sans procéder au mélange de plusieurs tonneaux pour arriver au résultat requis. En effet, l'influence d'un fût (eu égard à ce qu'il a contenu, à son nombre d'utilisation, à son emplacement dans le chais, ...) est on ne peut plus capitale. Apparaît alors l'importance de l'art de l'assemblage du maître de chais, maître assembleur ou Master Blender.
Ceci explique aussi pourquoi quand elles sortent un single cask ou single barrel, les distilleries l'indiquent clairement sur leur étiquette (histoire d'éviter un retour violent de leurs fans les plus assidus).

A l'inverse, les embouteilleurs indépendants proposent généralement des produits en quantité plus ou moins limitée vu qu'il s'agit de single cask (soit un jus issu d'un seul et unique fût) ou de small batch (soit l'assemblage d'un très petit nombre de fûts).
Les différentes itérations de ces IB sont en plus généralement des produits dit cask strength ou brut de fût, c'est-à-dire embouteillé sans réduction, à leur degré naturel, ce qui arrive plutôt rarement du côté des OB.
 
Bon, c'est pas tout ça mais si on passait au verre suivant pour entamer la partie Demerara de la master-class.
 

Demerara Dark Rum :

Single cask provenant de la distillerie Diamond, plus précisément du fût 126, distillé en 2005 et embouteillé 12 ans plus tard (parce que je n'avais pas envie d'écrire 2017) à 45°.
294 bouteilles ont été produites.

Les distilleries de Guyane sont anciennes et retracer leur histoire, suite aux divers rachats, fusions et nationalisation peut être assez fastidieux (intéressant mais fastidieux. Et fort théorique). On se contentera donc des quelques informations suivantes :
- la distillerie a visiblement été fondée dans le courant des années 1750 (quand je disais que c'était vieux) et se trouve au sud de Georgetown, sur la rive est du fleuve Demerara ;
- il s’agit de la seule distillerie encore en activité portant aujourd'hui le doux nom de Demerara Distillers Limited ou DDL. L'ensemble des alambics encore actifs à l'époque dans les distilleries de la région (et présentant un intérêt, c'est-à-dire ne faisant pas double emploi) y fut transféré : un héritage culturel et matériel énorme permettant à DDL de produire différents types de rhum.

Alors, c'est un gros Diamond à la réglisse ou un truc fin et génial ?
 
Samaroli 2017 - Demerara Dark Rum
... mais en plus ça égaie mon article ^^
Couleur : c’est écrit dessus, c’est dark. Plus sérieusement, la robe part sur une teinte cuivre intense tendant vers l’acajou à reflets orangés.
Nez : rien mais alors rien à voir avec le précédent.
Le voyage débute dès les premières notes et ne se conclura qu’à la fin de la dégustation : on part sur de la mélasse (Demerara, what esle ?), des fruits tropicaux, du café torréfié, de l’exotisme, de légères touches de réglisse. Le tout fondu de manière très réussie.
Tout ça directement après l’ouverture. Ça restera relativement constant (quelques notes épicées arrivant par la suite) mais on s’en fiche, c’est du bon.
Bouche : très agréable, la sensation sucrée perçue au nez est bien présente (normale), les fruits exotiques aussi (banane, passion, mangue, ananas ?), un rien de vanille et toujours ce petit côté réglisse.
Et il y a autre chose. Les notes de la distillerie indiquent « tamarin ». Ouais, bien sûr, j’y croyais moyennement. En fait si, pour en avoir goûter du frais à Bali (Note de Madame après avoir vu la vidéo : Sri Lanka et pas Bali, Sri Lanka ... '--), je confirme, y a un côté tamarin :-)
Rétro-olfaction : c’est rond, c’est sucré, c’est fruité, c’est bien fait
Finale : moyenne (plus courte que le Fiji mais en même temps, …), toujours relativement douce avec un léger retour sur l’amertume (le côté réglisse/minéral qui nous aura accompagné tout du long) et le café.

Jusqu’à présent, c’est le produit où j’ai trouvé l’alcool le mieux intégré.
C’est également celui que j’ai trouvé le plus monolithique dans son évolution. C’est d’une constance, … mais quand c’est bon, pourquoi devoir rechercher désespérément à évoluer ? Parce que, clairement, j'adore !
 
Maintenant que les bases sont posées, si on parlait enfin de Samaroli ?
(Mieux vaut tard que jamais ...)

Rhum – embouteilleur indépendant – italien ... Trois mots (bon, ok, quatre) qui font immédiatement penser à Velier ou Silver Seal. Et étrangement moins à Samaroli.
Et pourtant, ...

Le 15 octobre 1939 naissait à Benghazi (là, au loin, en Libye), le petit Silvano, fils de pilote de l'Italian Air Force alors basé en Libye. Il aurait pu suivre cette voie après ses études mais – pour notre plus grand bonheur – n'en fit rien et commença à travailler dans une boutique de spiritueux en Italie.

En 1968, il prit la décision de fonder sa propre entreprise "Samaroli Wine and Spirits Merchants", en abrégé Samaroli (ok, il n'a pas été cherché le nom de la société bien loin mais on s'en fiche).
Dans un premier temps, il importa du whisky écossais en vue de la revente (une maison de négoce quoi) et Samaroli devint – selon les infos disponibles un peu partout – la première entreprise d'embouteillage de Scotch Whisky qui n'était ni écossaise, ni britannique. How shocking !
 

Et quelques années plus tard (bon une dizaine d'année quand même), il prix la décision de faire vieillir les whiskys qu'il sélectionnait soigneusement dans des fûts choisis de manière tout aussi minutieuse puis de les embouteiller sous le nom de sa propre société.
La légende était en marche et sa renommée explosa dans les années 1980 avec sa légendaire série de whiskys « Bouquet » dont l'étiquette représentait ... oui, des fleurs (le Bowmore 1966 embouteillé en 1984 en étant le plus grand représentant et vraisemblablement, une bouteille qui ne nous sera jamais possible de déguster).
Des embouteillages d'exception, un des premiers à sortir des whiskys bruts de fût, pareil pour les NAS (ou « Non Age Statement » dont il commença l'embouteillage dans les années 1990) que l'on trouve partout maintenant.
Un pionnier, tout simplement.

Et à côté, histoire de ne pas se reposer sur ses exploits dans le petit monde du whisky, le Monsieur (oui, avec un grand « M ») décida aussi de s'intéresser au rhum avec des produits aujourd'hui cultes et introuvables (sauf si vous voulez vendre un rein) mais aussi avec de nouvelles itérations tous les ans (à des prix plus ou moins abordables) dont vous avez quelques exemples sous les yeux.

Bref, le temps passe, les embouteillages d'exception se succèdent et, en 2008, Silvano décide de lever le pied. Visiblement, le côté gestion de la société devenant un rien lourd à ses yeux, il souhaitait se consacrer à sa première passion : le choix des produits et du vieillissement de ces derniers.
Ce n'est plus le maître à bord mais c'est quand même lui (et son équipe) qui choisit encore pas mal de choses. Ca a parfois du bon de lever le pied.
Il sera remplacé par Antonio Bleve (mais si, le Monsieur qui nous a fait changer l'Over the World par le Panama) à la tête de l'entreprise.

Le 16 février 2017, Monsieur Samaroli décède et laisse derrière lui une entreprise prospère, plusieurs bouteilles entrées dans la légende ainsi que de nombreux fûts. Mais surtout une équipe ne souhaitant que continuer son œuvre, ce qui ne peut laisser qu'augurer de bonnes choses pour le futur.

Peu après son décès, les réactions ne se firent pas attendre pour rendre hommage à celui que beaucoup qualifie de gentleman. Un homme qui, malgré son âge avancé et sa grande expérience dans le domaine, était avide de découvertes et d'expérimentations, un homme qui préférait suivre son instinct plutôt que suivre les tendances du moment.
Un artiste en somme.
 
A noter qu'un « embouteillage-hommage » a été réalisé suite à son décès. Celui-ci, effectué de concert par Auld Alliance Singapore (Emmanuel Dron, patron d'AAS connaissant personnellement Silvano Samaroli, ça aide) et Corman-Collins (oui, oui, un « petit belge ») portait sur la dernière sélection effectuée par Samaroli : un Port Mourant 2003 embouteillé en 2017. Pour avoir pu le déguster, je peux vous assurer qu'il s'agit d'un très beau produit.
 
Avant de s'arrêter un peu sur ce qui caractérise les embouteillages Samaroli, il est temps de déguster l'avant-dernier verre de la sélection.
 

Demerara Rum 1990 :

A la base, ça devait être un Uitvlugt (un truc imprononçable, raison pour laquelle ce n'est pas écrit dessus ; non je déconne).
Il m'a finalement été précisé lors du Salon - par Daniele - qu'il s'agissait en fait d'un Enmore (ce qui explique la sacrée différence entre celui-ci et le suivant, c'en est tout de suite plus logique et cohérent).
 
Sinon Enmore, j'ai pas grand chose à vous en dire vu que ce n'était pas prévu ^^
Si ce n'est que comme il s'agit des embouteillages 2017, cette jolie chose a donc un âge relativement avancé (27 ans pour ceux que j'aurais perdus).
Toujours un single cask (fût 14) au degré habituel de 45°.
318 bouteilles ont été produites.
Ah oui, à ce moment de la dégustation, mon nez commençait vraiment à m’abandonner …
Samaroli 2017 - Demerara Rum 1990
La "bête" tant attendue par certains ...
Couleur : or léger à reflets dorés.
Nez : même pays, région différente et aucun rapport olfactif : on part sur un produit tout en contraste, à la fois doux et salé, fruité et végétal et – à nouveau – sur une flopée d’aromates. C’est vraiment très différent mais j’aime bien.
Des épices légèrement plus intenses apparaissent (poivre).
Tous ces arômes sont extrêmement bien équilibrés.
Les notes officielles parlent de thym ; pourquoi pas. Par contre je bloque sur l’origan (ça serait concept, un rhum pizza ^^).
Bouche : tout ce qui précède se retrouve en bouche (il se faisait tard donc la précision de mes notes diminuait visiblement) accompagnée d’une légère touche de tabac et d’un côté plus minéral. Ce contraste sucré/salé est toujours présent, le côte sucré se faisant toutefois plutôt fruité et liquoreux.
Comme dit plus haut, un produit vraiment différent, bien intégré et hyper agréable.
Rétro-olfaction : le tabac ressort plus, les aromates aussi. Un petit côté poivré est là, tout comme cet aspect sucré qui nous accompagne depuis le début.
Finale : longue. D’abord sucrée et fruitée, elle repart sur les notes de tabac perçues plus haut. Les notes salines sont également toujours présentes. Une touche grillée arrive ça et là, tout comme les aromates qui reviennent faire coucou.
À noter qu’à la fin de ma dégustation (soit +/- 30 minutes plus tard), le produit prenait une toute autre dimension pour partir vers un côté mélasse « aromatisée » assez surprenant et on ne peut plus agréable ; vous devriez vraisemblablement en être à ce point-là (et donc ne pas nécessairement retrouver mes impressions reprises ci-dessus mais bon, fallait les déguster tous les six et il était déjà 0h20 donc il fallait bien enchainer avec le dernier).
Un superbe produit, dans la même veine que le 2016.
 
Revenons donc à nos moutons, les caractéristiques des produits Samaroli :
- la majorité de leurs rhums sont « réduits » à 45° (ce qui peut être un degré déjà élevé pour certains). Et ce n'est pas un problème quand c'est bien fait : exemple indépendant, le Caroni 1974 de chez Bristol.
Après peut-être qu'un voltage légèrement plus élevé amènerait plus de peps mais le produit n'en serait-il pas moins "maîtrisé" ?
 
- les produits sélectionnés (principalement le whisky ; pour le rhum, je suis moins formel) ne terminent pas leur vieillissement dans les fûts dans lesquels ils arrivent mais bien dans d'autres fûts spécifiquement sélectionnés pour leurs qualités.
Cela serait le « meilleur moyen de respecter l'esprit du spiritueux » et de lui apporter une certaine plus-value et, ainsi, offrir aux amateurs non pas la version originale mais une « réinterprétation » du produit qui le sublime. Rien que ça ^^ ;

- enfin, le vieillissement continental (en Ecosse plus précisément). Cela permettrait un vieillissement plus long amenant à des produits plus fins, plus élégants, ...
Et là, arrive l'éternel débat : vieillissement continental ou tropical, bien, pas bien, pourquoi, comment mais surtout quid des conséquences ?
On entend tout et son contraire à ce sujet et principalement qu'un rhum vieilli par exemple 5 ans sous les tropiques correspond un rhum « écossais » de 18 ans. Oui mais non.
Soyons clairs, l'âge est une chose précise et même en tirant dessus, 5 ans c'est 5 ans et 18 ans c'est 18 ans. Point.
Après, il est clair qu'il existe une différence manifeste mais elle n'est pas due uniquement à la durée du vieillissement mais à toute une série de facteurs découlant notamment du climat sous lequel les produits vieillissent : prenez la part des anges par exemple. De 1 à 2 % par an en Ecosse, elle monte à 6 à 8 % sous les tropiques. Rien que ça, ça influence grandement l'évolution du produit.
L'humidité, qui est totalement différente, joue aussi un rôle dans toute cette histoire, les échanges bois-spiritueux eux aussi incomparables vu que plus il fait chaud, plus ça travaille, le choix des fûts (quoique, aux Antilles on commence aussi à expérimenter des finish un rien tordu), ... Bref ce n'est clairement pas pareil. Du tout.
Cette considération posée, quid du c'est bon, c'est pas bon : prenons un simple exemple, le Port Mourant hommage embouteillé par Auld Alliance et Corman Collins. C'est un superbe produit. Et c'est du continental.
A contrario, les vieux Demerara de chez Velier (soit des vieillissements tropicaux), sont généralement des produits incroyables.

Conclusion : les deux sont différents mais les deux sont bons (ou purement dégueulasses hein, les ratés existent des deux côtés).

Vient enfin la question de l'authenticité du produit qui, en vieillissant en Europe, est déraciné de ses origines et est ainsi susceptible de perdre ses caractéristiques essentielles.
Là, il n'y a pas photo, c'est inattaquable comme argument. N'essayez même pas de le démonter, c'est inutile.
Mais (parce qu'il y a fatalement un mais ...) pour être très pragmatique, il faut reconnaître aussi que là où le bas blesse c'est que la législation sur le rhum (hormis l'AOC martiniquaise) permet plus ou moins tout et n'importe quoi.
Personnellement, j'estime qu'il n'y a pas de raison de cracher sur l'un ou l'autre système dès lors que la communication est claire envers le consommateur et qu'il sait que son rhum jamaïcain a vieillit en Écosse et non en Jamaïque par exemple.
C'est comme pour la méthode Solera : c'est quelque chose qui est pratiqué depuis des dizaines, des centaines, d'années dans les contrées produisant des spiritueux que l'on qualifiera de "tendance hispanique" et, dès lors que l'explication est claire, il n'y a pas de problèmes pour moi (j'apprécie d'ailleurs également ce type de produits pour ceux qui voudraient en être sûr).
Le problème vient principalement du manque d'informations délivrées au consommateur et là, on ne peut malheureusement rien y faire ...
Et ce n'est pas certains cavistes peu scrupuleux vendant certains rhums ayant fait l'objet d'un vieillissement de type Solera qui vont faire avancer les choses. En effet, quand on te dit à toi, petit consommateur crédule "Ca c'est un vrai trente ans hein" ben tu as tendance à faire confiance à ton vendeur. La déception (l'amertume, la rage, faites votre choix parmi ces émotions) qui s'emparera de vous quand vous apprendrez la vérité n'en sera malheureusement que plus grande.
Fin du hors-sujet.

Histoire de rajouter un peu d'huile sur le feu et de pousser le vice encore plus loin sur cette question d'authenticité, je poserais la question suivante : Vieillissement tropical ok mais quid des Caroni qui terminent leur vieillissement dans les chais de DDL et non plus à Trinidad ? Y a pas un problème d'authenticité malgré le fait qu'on soit sur du tropical là ?

De toute manière le débat restera ouvert encore longtemps car j'imagine mal les embouteilleurs indépendants renoncer à cette pratique, ne serait que pour les « avantages » qu'elle procure :
- gain financier conséquent (remember la part des anges) ;
- sécurité quant à l'évolution du produit (c'est plus simple de contrôler un truc à côté de chez soi que de l'autre côté du globe) ;
- facilité en général.

Pour le surplus et notamment des avis plus tranchés de personnes directement concernées par la chose, je ne peux que vous renvoyer à l'excellent blog Durhum.com qui a consacré à cette pratique un article extrêmement bien fait, comparatif à l'appui.
 
Bref. Personnellement, j'arrive au bout de tout ce que j'avais prévu de vous raconter (et j'espère secrètement être dans les temps parce que s'il me reste encore 30 minutes à combler, ça va être la loose :p) et vous invite donc à passer au dernier produit de la journée. 
 

Demerara Rum 1998 :

Single cask (fût 63) distillé en '98 et embouteillé 19 ans plus tard (oui, 19) à ... accrochez-vous ... 49,5° (raison pour laquelle j'ai décidé de le placer après le produit ayant un âge plus avancé).
300 bouteilles ont été produites.
Demerara Rum, c'est flou hein ?
C'est juste parce que Uitvlugt c'est imprononçable en fait ^^
Le fait qu'Uitvlugt soit un truc complètement imprononçable ayant déjà été soulevé, penchons nous un peu plus sur cette distillerie fondée également dans le courant des années 1750-1780, voire plus tard (tout ça reste très flou) dans le village du même nom, situé sur la côte ouest du Demerara.

Rénovée en 1960, elle récupéra le matériel de quatre distilleries démantelées à l'époque, et quelles distilleries : La Bonne Intention, Albion, Skeldon et Blairmont. Excusez du peu. Ce n'est pas pour rien que Luca Gargano pense que les chais d'Uitvlugt récèlent des trésors inestimables.
L'aventure touche à sa fin en 1999 et l'ensemble du matériel opérationnel fut transféré à la distillerie Diamond.
Samaroli 2017 - Demerara Rum 1998
Le petit dernier, déjà
Couleur : or soutenu.
Nez : bien plus gourmand que son « grand frère », le côté sucré si typique aux produits du Demerara que j'affectionne tant se faisant plus présent. Les notes torréfiées sont également de la partie et très agréables.
Les 4,5° en plus sont extrêmement bien intégrés (on sent que c’est un peu plus fort mais c’est tout, pas de brûlure, pas d’uppercut, c’est fait tout en finesse).
Bien qu’il soit présent, j’y ai relevé beaucoup moins de tabac. Les épices sont quant à elles bien présentes (juste assez que pour lui amener le peps dont il a besoin).
À noter que le côté « poussiéreux » que j’avais ressenti avec celui de l’année dernière est ici clairement balayé ; j’aime encore plus du coup.
Bouche : la bouche vient confirmer tout ce que le nez nous a indiqué avec un aspect floral très présent et très agréable. C’est donc floral, sucré, avec un tabac léger, un boisé hyper bien fondu et une parfaite intégration de l’alcool ainsi qu’une légère touche piquante qui explose en bouche.
Le côté plus fruité du 2016 m’a semblé bien moins franc ici.
J’adore !
Rétro-olfaction : c’est chaud et intense sur le côté mélasse avec une légère touche de tabac pour amener juste l’amertume qu’il faut pour équilibrer l’ensemble.
Les épices en arrière couche donnent tout le peps dont le produit a besoin.
Finale : je ne sais plus, de mémoire, relativement longue, j’ai pas noté ça.
Par contre, je peux vous assurer que c’est chaud et épicé avec ce côté sucré présent depuis le début et cette touche torréfiée qui fait son retour et vient supplanter l’amertume du tabac.
Un commentaire pour conclure ? Love Demerara ; gros coup de cœur.
 
Sinon, qu'est-ce qui pousse les gens de chez Samaroli à continuer ?
Tout simplement le respect du travail accompli par – tout d'abord - Silvano Samaroli et ensuite son collaborateur et successeur, Antonio Blève, mais surtout l'amour du produit.

Pour reprendre les termes employés par Monsieur Bleve, même si la route de l'éthique et de la moralité ne sera pas toujours la plus simple pour atteindre la qualité, et j'insiste sur le mot « qualité » là où certains parleraient sans aucune humilité d'excellence, cela permettra de conserver intact l'esprit qui animait celui qui est à l'origine de tout ça.

Souhaiter être simplement présent sur la scène des spiritueux et pas nécessairement différent (même si – soyons francs – Samaroli, c'est différent dans le sens généralement un cran au-dessus des produits dit « de base »), souhaiter que l'on se souvienne de ses produits après les avoir découverts, ce n'est finalement pas beaucoup demander et cela révèle bien une certaine humilité.
Le fait de faire plus attention à la qualité des produits et au respect de l'artisanat qu'à l'aspect marketing et financier des produits méritent également d'être souligné.

Alors oui, c'est cher (et ça ne risque malheureusement pas de diminuer) mais j'ai la sale impression qu'il faut se préparer à encore bien pire, genre boom du whisky mais version rhum.
Du coup, autant en profiter tant qu'on peut encore le faire non ?
 
Voilà, voilà, un grand merci à vous pour votre attention et un tout grand merci à Ludo de m'avoir donné l'occasion d'être ici aujourd'hui parce qu'à la base, je devais quand même être assis à côté de vous !
 
---   ---   ---
(oui, c'est la fin de mon exposé)
 
Ceci conclut donc ce que j'ai plus ou moins raconté lors de cette Master-Class.
 
Encore un grand merci à tous ceux qui étaient présent et qui ont été extra, vraiment :-)
 
Bonus : nous tous pendant la Master-Class
 
Oui, c'est très "christique" comme visuel ... :'-D
 

 
 
 
Rhum n' Whisky

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire