jeudi 6 juillet 2017

Diamond(s) Night

A la base, je voulais appeler cet article "Lucy in the Sky with Diamonds" mais d'un je ne m'appelle pas Lucy et de deux j'étais plutôt assis à la table du living quand j'ai fait ma dégustation.
Tout de suite ça l'aurait moins fait. Vraiment.

Bref tout ça pour dire qu'un ami (coucou Francis) nous a dernièrement gratifié d'une photo (et d'un retour) sur un incroyable line-up d'Enmore (Velier '95,SS 32 ans, Kill Devil 25 ans, ...) et qu'il m'a clairement donné l'eau à la bouche.
J'ai donc checké mes samples d'Enmore (ceux de 3cl, de 5cl ou de 70cl :p) ben en fait j'en ai pas mal (et notamment les trois monstres cités au dessus) mais suis-je prêt ?
...
Ben si je ne les ouvre pas pour une obscure raison, je ne les ouvrirai jamais donc j'ai décidé de me considérer comme prêt (vivons dangereusement quoi !).
Puis j'ai jeté un œil aux autres samples de Demerara.
En fait j'ai (à l'heure où j'écris ces quelques lignes, je devrais plutôt dire "j'avais" ...) une flopée de Diamond ^^

Ceci explique cela (Enmore ça sera pour une prochaine fois, promis).

Et donc, niveau line-up ça donnait ça :
Line-up
Y a du potentiel ^^
Pour la petite histoire de ces rhums bien typiques que sont les rhums du Demerara, je me permets de vous renvoyer ici vu qu'on en a déjà un peu parlé.

Maintenant que vous avez revu vos fondamentaux (ou pas, on s'en fiche, je sais que vous êtes là pour la dégust'), on va passer aux choses "sérieuses".
Mais avant toute chose, un grand merci pour les samples à Christophe, Ludo, Goose et au Comte (soyez gentils, éviter d'aller leur gratter des samples, je les ai payés hein :p).
Ah oui, dédicace spéciale à "Roger" pour les photos penchées (comprenne qui pourra ça aussi ^^).

Enfin, #ouvrezvelier !
(comment ça, ça compte pas pour les samples ?)

Donc, dans l'ordre de la photo :

The Nectar of the Daily Drams - Diamond - 2000 - 16 ans - 52,3° :

Parce qu'il en faut bien un pour commencer, tout simplement.

Nectar of the Daily Drams - Diamond - 2000 - 16 ans - 52,3°     Nectar of the Daily Drams - Diamond - 2000 - 16 ans - 52,3°
C'est engageant non ?

La robe est d'un bel ambre intense tirant vers les tons brunâtres. Les jambes coulent lentement.
Ca donne envie, vraiment.

Au nez, on remarque directement que l'alcool est bien intégré. Je traduis pour ceux qui ne suivent plus (c'est le flacon de Velier qui fait ça, pas d'inquiétude) : ça ne pique pas.
Après cette considération certes importante mais fort peu explicite, qu'en est-il des arômes dégagés ?
Et bien on est sur un rhum de mélasse, ça se sent de suite. La mélasse est à la fois expressive et assez "noble" avec de fines notes boisées. Le fait que ces arômes vont et viennent est surprenant et agréable.
Des notes torréfiées apparaissent relativement vite pour s'effacer tout aussi vite avant de revenir par la suite.
Enfin, des fruits  à coques sont également de la partie.
Il se fait plus épicé après aération.
Vraiment très bien !

En bouche, l'alcool est tout de suite plus présent (en même temps, on n'est pas non plus sur un truc à 37°).
On reste sur la mélasse mais sur des notes que je qualifierais de "fauves mélassées" du fait que l'on part sur un trio cuir-bois-caramel très présent qui est relevé soit par son degré d'alcool (sûrement) et quelques touches épicées (cannelle, notes poivrées).
Les fruits à coques grillés sont toujours là.
Des notes salées (!?) viennent conclure la dégustation. C'est surprenant mais - après avoir regoûté à plusieurs reprises - je confirme.

Niveau rétro-olfaction, on reste sur la base caramel du nez. Y trouverait-on quelques touches chocolatées et de réglisse ? Ce n'est pas impossible !

Pour la finale, on repart sur des notes grillées/toastées et caramélisées.
J'ai également eu l'impression d'y trouver une légère touche d'amertume qui s'estompe toutefois avec le temps.
Sinon, cela va sans dire, c'est très long.

Initialement, son prix était très raisonnable. Si c'est toujours le cas, foncez parce que c'est un très chouette produit.

Ultimatum - Diamond - 12 ans - bourbon barrel - 46° :

Un rhum guyanais d'un embouteilleur hollandais. Why not ?
Le produit a vieilli de juillet 2012 à septembre 2016.

Ultimatum - Diamond - 12 ans - bourbon barrel - 46°     Ultimatum - Diamond - 12 ans - bourbon barrel - 46°
Moi je dis, on a de la chance niveau packaging : on aurait pu avoir des tulipes :p

La couleur du liquide est paille (!). Les jambes à grosses goutes démarrent lentement avant de s'accélérer.

Le nez est sans aucun rapport (mais aucun !) avec le produit précédent : pas de mélasse, pas de présence d'alcool pour rehausser la chose (après le faible degré joue aussi) mais on a vraiment l'impression d'être sur un produit "autre" (un alcool de fruit ?).
C'est fruité et floral au premier abord sur des trucs que j'ai beaucoup de mal à décrire (après, moi et les fruits aussi ...) ; sans certitudes, on dira fruits jaunes et, à la limite, prune. C'en est complètement déconcertant.
On y trouve également un très léger côté solvant qui le rapproche un rien de la Jamaïque (mais What the fuck quoi !).
Ca n'évolue pas beaucoup non plus.

La première chose qui nous vient à l'esprit une fois le liquide arrivé en bouche c'est : "Ou qu'ils sont le bois et la mélasse ??!"
Ce qui frappe d'emblée, c'est la brièveté de la chose et une certaine amertume assez caractéristique (vers des notes toastées ?). Bof.
Un peu d'épices et de légères touches fruitées sur les agrumes, voire quelques notes fumées peuvent être décelées si on cherche bien (mais il faut vraiment bien les chercher hein).
Moui Moui Moui.

Niveau rétro-olfaction, c'est un rien plus sucré tout en restant sur des notes fruitées (encore les agrumes).
L'alcool se sent un peu plus.

Etrangement, la finale est plus longue que ce à quoi on s'attendait (c'est déjà ça). Elle est chaude et sur les mêmes notes qu'en bouche mais en plus rond.
A la toute fin, une sensation citronnée et salée apparaît.

Ben voilà. Très très très surprenant. Ou alors il y a erreur sur le sample (ce dont je doute) ou alors c'est clairement l'intrus du line-up.
C'est pas mon kiff, loin de là.

Rum Nation - Diamond - 2005-2016 - 58,3° :


Rum Nation - Diamond - 2005-2016 - 58,3°     Rum Nation - Diamond - 2005-2016 - 58,3°
Oui, je le reconnais la photo est floue ... mais quand je l'ai remarqué le verre était vide ^^

Plus sérieusement, il est temps que je me repenche sur la chose.

La robe est d'un beau cuivre profond tendant vers l'acajou. On peut repérer le léger disque verdâtre sur le dessus. Et c'est "gras".
Juste "Miam".
Tout de suite, il est plus engageant que le précédent.

Le nez est d'emblée assez "sec", sur des notes de tabac.
L'alcool est là mais ne vous grille pas les narines et c'est tant mieux.
Le rhum évolue et, derrière ces notes de tabac, on retrouve le duo mélasse/caramel-bois brûlé plus habituel. Et il y a des épices relativement discrètes.
Enfin, des notes torréfiées arrivent progressivement.
De mémoire, c'est assez différent de ce dont je me souvenais (la magie de l'oxydation ?) et il présente une identité bien marquée.

En bouche, c'est rond : on part sur la mélasse, les notes d'agrumes (orange), le tabac, quelques touches chocolatées et ... oui, des notes de réglisse. Mais, de mémoire à nouveau, bien moins explosives que la première fois que je l'ai goûté. Et c'est tant mieux !
La réglisse donc. Elle a finalement tendance à s'imposer sur une certaine amertume que je trouve assez agréable.
Il a enfin un petit côté herbacé.
Ce truc est terrible finalement !

Niveau rétro-olfaction, on prend les mêmes et on accentue tout dans le bon sens : malgré un alcool plus (trop ?) présent, la mélasse parait encore plus ronde, le tabac plus fin et la réglisse plus explosive.
Pas mal du tout !

Ce que l'on a ressenti en bouche est pas mal respecté sur la finale et l'amertume de la fin de bouche est là tout du long (et, accessoirement, c'est long).
Il y a donc de la réglisse mais c'est bien plus fin que dans mes souvenirs.

Vraiment bien donc.
Comme quoi, c'est intéressant de comparer ses notes "à chaud" prises dans le cadre d'une dégustation "groupée" ou d'un salon (et surtout quand on est en fin de dégustation :p) avec ce que tu ressens au calme, dans ton chez toi. Parce que l'air de rien, ça peut entrainer des ressentis complètement différents.
Après, mes goûts ont évolué, mon palais a évolué, mes références ont évolué et se sont diversifiées (et ont drastiquement augmenté aussi) donc ...

Kill Devil - Guyana Diamond Distillery - 18 ans - 46° :

Vieilli de mai 1998 à février 2017, voyons ce que ce Kill Devil nous réserve (ceux déjà goutés m'ayant laissé une impression mitigée).

Kill Devil - Guyana Diamond Distillery - 18 ans - 46°     Kill Devil - Guyana Diamond Distillery - 18 ans - 46°
Les bouteilles Kill Devil, t'en as vu une, tu les as toutes vues ;-)

On repart sur un produit plus clair avec une robe d'un or intense qui laisse place à de belles jambes uniformes.

Au niveau du nez, on est plus proche du second mais sans toutefois trop s'en rapprocher (et c'est tant mieux !). Les notes de mélasse ne sont pas hyper présentes (loin de là) mais elles sont là, tout comme ces arômes boisés assez léger.
On repart quand même en terrain connu.
L'alcool, bien que moins puissant que dans le Rum Nation, prend plus au nez (comme quoi).
Plus il évolue, plus il sent bon.
On passe ensuite sur un côté fruité (exotique ?) mais avec quelque chose d'autre, des notes - accrochez-vous - plus intenses en arrière plan ^^ (c'est précis, je sais).
Quelques touches chocolatées et vanillées (fût de bourbon ?) amènent encore un peu de rondeur.
Enfin, le tout se ponctue par une fulgurance caramélisée tellement douce qu'elle tend vers le toffee.
Un nez finalement très intéressant et évolutif, bien loin des "marqueurs" perçus chez Nectar et Rum Nation (après y a écrit Guyana Diamond Distillery hein, pas Diamond tout court ^^).

En bouche, c'est effectivement fruité (sur les fruits exotiques, limite confits par moments) et légèrement épicé.
Les notes douces caramélisées et chocolatées se planquent à nouveau derrière tout ça.
Celui-ci n'évolue pas beaucoup (après, je suis peut être resté trop longtemps sur le nez ...) ; éventuellement, il prendrait un peu plus de rondeur et perdrait un peu en fruité mais c'est moins flagrant qu'au nez.

Niveau rétro-olfaction, le côté fruité laisse progressivement place à quelque chose de plus sombre, sur des notes plus torréfiées (voire de tabac mais légères alors).

La finale m'a semblée terriblement brève.
Elle fait d'abord un retour sur les notes torréfiées perçues plus haut qui - dans un premier temps - supplantent le côté fruité qui reprendra toutefois le dessus.
Une légère amertume passagère se fait également ressentir.

Tout en étant différent des produits Nectar et Nation, il est bien meilleur que l'Ultimatum (heureusement). Mais j'aime quand même moins.

Bristol Classic Rum - 1998 Damond Distillery Demerara Rum - 12 ans - 40° :

Ah, un embouteilleur indépendant dont je ne connais quasi rien (si ce n'est qu'il a sorti quelques pépites).
Surprise donc ^^

Bristol Classic Rum - 1998 Damond Distillery Demerara Rum - 12 ans - 40% :     Bristol Classic Rum - 1998 Damond Distillery Demerara Rum - 12 ans - 40% :
Moi j'aime bien, c'est classe et discret à la fois. Et ça a une identité propre.

Pour ce qui est de la couleur, on est sur un bel ambre à reflets orangés. Tout de suite c'est plus engageant. Les larmes sont épaisses et les jambes plus fines. On peut aussi dire qu'il "plaque".

Le nez de celui-ci se rapproche bien plus des 1er et 3ème produit dégustés avec des notes de mélasse et d'agrumes suivie d'un très léger boisé (léger j'ai dit).
Niveau "sniffing", on peut y aller franchement, rien ne brûle, c'est bien maitrisé.
Une impression de partir sur des notes plus végétales clôturera ce bref ressenti.

Au niveau de la bouche, on est en terrain connu : caramel, réglisse (un peu, si, si ; elle amène une légère amertume), agrumes (citron et orange qui amènent de la fraîcheur) et légères notes boisées (tendant vers le bois brûlé).
C'est bien fait et rien ne prend vraiment le dessus. On est sur un produit plus "passe-partout" qui donne une sensation de douceur et de rondeur sans être trop sucré.

On ne change pas une équipe bien rôdé pour la rétro-olfaction avec des notes de caramel, quelques épices, des notes torréfiées, des fruits secs et une touche chocolaté. C'est assez chaleureux.

La finale est assez brève (je ne l'ai pas goûté le même jour que le Kill Devil donc je ne vais pas essayer de comparer) et c'est dommage car elle est chaleureuse et reprend les arômes perçus en bouche.
Ce côté caramel fruité qui reste en bouche lui donne un aspect relativement sympathique.
A noter que, sur la longueur, des notes plus végétales (qui ne sont pas sans rappeler celle perçues au nez) ainsi qu'une légère amertume se font sentir.
Rien d'extraordinaire mais loin d'être désagréable (voilà, je deviens difficile).

Bon mais sans plus.

Ca y est, l'attente aura été longue mais c'est le moment, le rhum de la dégustation à battre, celui qui rien qu'avec le nom de son embouteilleur et ses années de vieillissement tropical semble déjà mettre ses concurrents K.O. ...

Velier - Diamond 1981 - 31 ans - 60,1° :

La bête a été embouteillée en 2012 ... Faites le calcul ... Oui, 31 ans. De vieillissement tropical.
Alors même s'il ne s'agit que d'un sample, c'est toujours un moment particulier d'ouvrir et de déguster ce type de produit (ok, un vieux Demerara de chez Velier. Voilà, c'est dit) que le commun des mortels ne verra plus jamais (sérieusement, 31 ans sous les tropiques et plus de 90% de part des anges ... Qui irait faire vieillir ses produits si longtemps maintenant à part peut-être Appleton et DDL ?) ...
Et si vous avez l'occasion d'en croiser une bouteille à prix (in)décent (de plusieurs centaines d'euros quand même à beaucoup trop ...), considérez qu'il valait déjà son pesant de cacahuètes à sa sortie et que le nombre de bouteilles est clairement limité.
 
Bref, il est temps de s'attaquer au monument après une longue aération :

Velier - Diamond 1981 - 31 ans - 60,1°     Velier - Diamond 1981 - 31 ans - 60,1°
Un mythe, tout simplement ...

La couleur est d'un ambre intense tendant vers l'acajou et présente de beaux reflets orangés. Le disque verdâtre est bien là.
Les gouttes se forment extrêmement lentement et un anneau "huileux" garnit le verre.
Bon ben déjà, visuellement, c'est juste top.
Miam.

Parce que je suis curieux (j'en entendu "et un peu con ..." ; c'est pas faux ...), j'ai penché mon nez au dessus du verre après l'avoir servi. Ce fut sans concession : BAM ! Ben oui, 60,1° ça tape sévère et tu te rends compte (si ce n'était pas encore le cas) des bienfaits de l'aération.
Mais derrière cet alcool qui se calme un peu avec le temps, on peut y trouver une certaine douceur caractérisée par des notes de mélasse/caramel, de vanille et d'épices douces.
Et puis, cette légère note de vernis initiale couvrant le tout qui semble nous dire "Tu n'es qu'au début de tes surprises".
Des notes fruitées (sur la pêche et l'orange) amènent la fraicheur nécessaire à la chose et sont soutenues par les épices relevées plus haut (un peu de vanille et de cannelle surtout).
Quelques touches torréfiées apparaissent également et tendent vers de légères notes de tabac.
Le tout est bien évidemment d'une intensité incroyable.
Un degré monstrueux et un vieillissement tropical intégral rendent ce nez juste incroyable.
Terrible.

En bouche, alors qu'on s'attend à se prendre un gros uppercut alcooleux, et bien non !
(Faut pas non plus y aller franco et descendre son verre en deux gorgées hein ...)
L'alcool est super bien maitrisé, on part sur des arômes de mélasse et de fruits exotiques, c'est incroyablement envoutant.
Un boisé logique se fait jour et ne prend pas le pas de manière excessive sur le reste des arômes. On y trouve également de la coco et des épices amenant - si besoin en était - encore plus de peps à l'ensemble (un peu de cannelle, du poivre, du gingembre)-
Et c'est toujours hyper fruité (sur l'orange) avec ces notes torréfiées et de tabac sous jacentes.
C'est à la fois rond, puissant et gourmand. C'est monstrueusement bien
A noter qu'ici aussi de légères notes salines se développent sur la fin et donnent encore - si besoin en était - plus de relief à la chose.
Incroyable, simplement incroyable.

Niveau rétro-olfaction, c'est - sans surprise - chaud (sans toutefois être brûlant), sur des notes fruitées (des fruits rouges et exotiques cette fois) mélassées et épicées (sur la cannelle principalement).
Avec le temps, les notes plus intenses se manifestent (boisées, torréfiées, et tabac léger).
... Y a des moments où il n'y a juste rien à dire ...

La finale est extrêmement longue et - pour ne rien gâcher - reste sur les arômes perçus en bouche.
L'orange ressort un peu plus et les notes caramélisées sont portées par la puissance du produit.
On termine sur une fraicheur végétale et légèrement saline (si, si).
Un monstre, tout simplement.

Une fois le verre vide, la puissance ressentie tout au long de la dégustation est toujours bien présente, sur des notes de fruits plus complexes encore (voire des notes florales) et sur de la mélasse.
C'est juste terrible.

Respect éternel Luca.
... Et dire qu'il parait que les 1996 sont encore meilleurs ...

Bon, ben voilà, il n'y a finalement pas eu match.

Les résultats de la dégustation maintenant :
1. Velier, sans surprises, à des années lumières de tous les autres !
...
...
2. Rum Nation
3. Nectar
4. Bristol Classic
5. Kill Devil
...
6. Ultimatum (loin, très loin, derrière les autres)

Encore une expérience intéressante et enrichissante avec la découverte d'un produit exceptionnel.


Rhum n' Whisky

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